02 juin 2009
Communiqué des musiciens de l'OLRAP

concert du 16 octobre 2008
POINT SUR LA SITUATION DE
L'ORCHESTRE LYRIQUE DE REGION AVIGNON PROVENCE
Le Tribunal de Grande Instance d'Avignon a homologué
le Plan de Sauvegarde qui doit créer les conditions
de la poursuite de notre activité.
L'OLRAP vient de traverser un épisode déterminant de son histoire.
Rappel des évènements :
Confronté à de graves problèmes financiers qui ont pour origine un niveau de subventions historiquement insuffisant, l'OLRAP a été placé en avril 2008 en procédure de sauvegarde.
Dés lors, son existence était menacée, car faute de pouvoir valider un plan de redressement susceptible d'apporter des solutions durables, le Tribunal de Grande Instance pouvait à tout moment prononcer sa mise en liquidation judiciaire.
Le Plan de Sauvegarde proposé par l'administrateur judiciaire en septembre 2008 fut contesté par nos autorités de tutelles (État, Ville d'Avignon, département de Vaucluse et Région PACA). Dans ces conditions, il y avait peu d'espoir quant à l'issue de cette procédure.
Les musiciens de l'Orchestre, leur chef Jonathan Schiffman et l’Association de Soutien “Défense et Rayonnement de l’OLRAP” ont entrepris une campagne de sensibilisation et d'information auprès des médias, du public et plus largement de tous les citoyens soucieux de défendre les outils de diffusion de la Musique Vivante.
L'énergie et l'enthousiasme déployés par tous ont insufflé une mobilisation sans précédent dont le point culminant fut l'extraordinaire concert de soutien du 16 octobre 2008. Ce concert qui réunit 280 musiciens venus de tous les orchestres français, 12 solistes prestigieux et plusieurs chefs de renommée internationale, le tout présenté par notre ami François Castang, restera à jamais gravé dans nos cœurs.
L'émotion suscitée par la situation de l'OLRAP a pris une dimension européenne lorsque, répondant à l'intervention de Benoît Machuel, (secrétaire général de la FIM Fédération Internationale des Musiciens) au congrès de Johannesburg, de nombreux orchestres européens ainsi que leurs chefs nous ont encouragés dans notre lutte en nous adressant des messages de soutien.
L’ampleur de cette mobilisation, le succès de la pétition (plus de 16 000 signatures) et tous les témoignages de solidarité des personnalités du monde culturel ont infléchi la position de nos autorités de tutelle. A l’issue de la réunion du 20 octobre 2008, celles-ci ont déclaré : « les collectivités publiques affirment unanimement leur attachement à la poursuite de l’activité de l’Orchestre et leur volonté commune de participer à sa sauvegarde. »
Épilogue :
Le nouveau Plan de Sauvegarde élaboré par notre délégué général M. Grison a été homologué par le tribunal le 14 avril 2009. Ce plan repose principalement sur les points suivants :
augmentation de 600 000 € du niveau des subventions à partir du 01/01/2009.
augmentation du budget annuel de 1,5 % pendant trois ans (durée du plan).
accords par lesquels les salariés renoncent au litige prud’homal ainsi qu'au rattrapage des salaires/2008 et acceptent une application modérée de la CCNEAC.
en contrepartie, le licenciement des cinq musiciens prévu dans le plan initial est gelé pendant 12 mois et par conséquent exclu du nouveau plan de sauvegarde.
La réussite de la sauvegarde et du redéploiement de l'OLRAP est maintenant conditionnée au respect des engagements pris par chacun.
La mobilisation du monde culturel, acteurs et spectateurs, a eu pour effet de changer le cours de l’histoire de notre Orchestre.
Cet élan de solidarité a puisé sa force dans la conviction que l’engagement individuel mis au service du Collectif pouvait transformer nos destins.
Restons mobilisés pour défendre l’Accessibilité à la Culture, la Qualité et la Diversité Culturelle partout là où elle sont menacées.
Merci pour votre précieux soutien.
Les
Musiciens de l’OLRAP, Orchestre Lyrique de Région Avignon
Provence.
17 mai 2009
Dernière audience au T.G.I.

Le mardi 14 avril dernier se déroulait l'ultime audience concernant l'OLRAP dans le cadre de la procédure de sauvegarde. La séance avait pour objectif de mesurer les progrès accomplis dans l'élaboration et l'acceptation du plan proposé par le délégué général de l'orchestre, M. Philippe Grison, ainsi que de procéder à l'homologation dudit plan.
Le tour de table désormais habituel a permis à la cour de constater que les accords évoqués le 24 février lors de la précédente audience, engagements pour l'essentiel généraux, souvent oraux ou conditionnés, se trouvaient maintenant confirmés par écrit. Les différents participants émettaient des avis favorables sollicitant l'approbation du tribunal.
Au terme de débats somme toute assez consensuels et plutôt bien accueillis par la cour, la séance était levée dans une impression générale de soulagement, dans l'attente néanmoins du prononcé du jugement du vendredi suivant.
Dans le document du 17 avril, le Tribunal de Grande Instance déclare donc que « le plan proposé pour l'apurement des dettes de l'association OLRAP sur trois ans est compatible avec ses perspectives financières, assainies par les efforts conjugués des salariés, de l'État et des collectivités territoriales. »
Il souligne également que le plan est « accepté par la très grande majorité des créanciers. Il devra alors être homologué. »
En outre la cour « donne acte à l'OLRAP de ce que la suppression envisagée de cinq postes de musiciens a été gelée dans le cadre de l'accord d'entreprise du 20 février 2009.»

25 février 2009
Une avancée significative

Dans notre série « les mardis du T.G.I. », l'audience du 24 février, contrairement aux précédentes, nous a permis de constater une évolution de la situation de l'OLRAP qui semblait stagner depuis des mois. Plusieurs éléments positifs présentés hier ont permis au juge et à l'administrateur judiciaire de parler d'avancées significatives dans la procédure de sauvegarde.
Habemus Papam
Conformément à sa promesse lors de l'audience du 27 janvier, l'assemblée générale de nos 4 tutelles a effectivement procédé dès le lendemain à la nomination d'un président pour l'OLRAP, en la personne de M. Jacques Crespy. C'était là une des exigences du T.G.I. pour juger de la bonne volonté des partenaires. Un administrateur, M. Philippe Grison a été également désigné pour une mission de six mois, renouvelable pour la saison 2009-2010 : deuxième bon point pour l'OLRAP.
Une enveloppe un peu réduite
Le nouveau délégué général s'est vu dès lors confier la préparation d'un plan de restructuration dans le cadre d'une augmentation des subventions limitée à la somme de 600 000 €. C'est le chiffre qui circulait en coulisse depuis la réunion des élus du 20 octobre 2008, point d'accord de départ qui est devenu ... le point d'arrivée. On se souvient que le montant estimé par l'administrateur judiciaire était en dernier lieu de 785 000 € pour assurer la viabilité de l'orchestre... Alors ?
Le plan B
Monsieur Grison a donc dû élaborer un projet sur trois ans en équilibre mais « moins onéreux », ce qui implique davantage de contraintes et de sacrifices, ainsi que des marges de manœuvre beaucoup plus étroites, même si l'engagement pour une augmentation annuelle du budget de 1,5 % peut nous rassurer quelque peu.
Un accord a minima
Les musiciens ont alors accepté par un accord collectif un certain nombre de renoncements et d'abandons de leurs droits sur le plan salarial : prise en compte réduite (quasiment de moitié) de l'ancienneté dans la nouvelle grille proposée, abandon de l'application de la revalorisation pour l'année 2008, clôture de la procédure prud'homale pour les plaignants.
Condition sine qua non
Cet accord d'entreprise n'a pu être obtenu qu'à la condition expresse de la garantie du maintien (à titre temporaire malheureusement) des postes jugés excédentaires par rapport à la tablature à 39 (« formation Mozart ») et avec l'assurance que les licenciements envisagés dans le plan initial ne soient plus à l'ordre du jour... Nous sommes tous bien conscients du caractère provisoire d'une telle mesure, car l'idée des gestionnaires d'un orchestre « réduit » est très loin d'être abandonnée, et le « gel » des postes est peut-être bien lui aussi saisonnier.
Les différents éléments ci-dessus ayant été présentés aux tutelles de l'OLRAP et acceptés par icelles lors de l'assemblée générale du lundi 23 février, le Tribunal de Grande Instance a pu apprécier hier la présentation par l'administrateur judiciaire des progrès accomplis dans le respect du calendrier de la procédure de sauvegarde. Satisfait semble-t-il de l'avancement des travaux et des réponses des différents intervenants à ses questions, il a ordonné le renvoi à l'audience du mardi 14 avril pour l'homologation du plan proposé.
27 janvier 2009
Le mardi, c'est T.G.I. (encore et toujours)

Certes, l'article d'aujourd'hui, tout autant que son titre, risque fort de présenter un léger goût de réchauffé aux lecteurs attentifs au sort de notre orchestre. Malheureusement rien, dans les faits, ne peut nous épargner cette fâcheuse impression de déjà-vu et d'immobilisme.
Bref résumé des épisodes
précédents d'un feuilleton judiciaire devenu un peu
plat :
Le 23 septembre 2008 : le Tribunal donne trente jours aux tutelles de l'OLRAP pour s'engager à augmenter de manière substantielle leur financement afin d'éviter la mise en liquidation judiciaire et permettre de mener à bien le plan de restructuration.
Le 28 octobre 2008 : pas de greffier: report = une semaine de gagnée/perdue.
Le 4 novembre 2008 : devant l'absence de tout engagement formel écrit de la part des collectivités partenaires, le Tribunal de Grande Instance renouvelle la période d'observation pour une durée de six mois. D'ici à cette date, les autorités de tutelles devront procéder à la désignation d'un président pour l'OLRAP et à la nomination d'un délégué général par le conseil d'administration. Elles devront également présenter à l'audience un engagement chiffré assurant des ressources certaines et pérennes pour l'orchestre.
Le 16 décembre 2008 : une fois encore, la justice est dans l'obligation « de constater que les autorités de tutelle de l'OLRAP n'ont toujours pas pris la mesure de l'urgence s'attachant au règlement des difficultés puisque, loin d'être en état de proposer un plan de redressement, l'OLRAP n'est toujours pas dotée à ce jour d'un représentant légal ni d'un budget pérenne faute d'engagements formels et chiffrés. »
Aujourd'hui 27 janvier 2009 : aucune des demandes du tribunal n'est réalisée, puisque l'assemblée générale de l'association de gestion de l'OLRAP ( 4 membres seulement: État, Ville, Département, Région ) ne se réunira que ...demain 28 janvier pour procéder au remplacement du président démissionnaire depuis le 23 septembre..
En conséquence, et au vu des maigres informations obtenues par le juge quant à la ferveur de l'engagement de nos tutelles pour le budget 2009 notamment, le Tribunal ordonne le renvoi de la procédure au mardi 24 février.
Belle patience....
22 décembre 2008
De qui se moque-t-on (le plus) ?

FAITS ET PROCÉDURE
" Par jugement rendu le 30 avril 2008, le TGI a ouvert une procédure de sauvegarde de l'association de gestion de l'Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence.
Une période d'observation a été ouverte pour six mois puis renouvelée pour la même durée par jugement du 4 novembre 2008.
L'affaire a été rappelée à l'audience du 16 décembre 2008 pour s'assurer que l'association soit dotée d'un représentant légal et de ressources certaines et pérennes par un engagement chiffré des autorités de tutelle.
L'administrateur judiciaire a fait état des avancées positives du dossier : versement par l'Etat d'une subvention exceptionnelle et avancée des négociations avec les salariés afin d'envisager une issue transactionnelle aux litiges en cours.
Il souligne cependant que les tutelles n'ont pas encore désigné le représentant légal de l'association ni pris d'engagement chiffré.
Il est demandé le renvoi de la procédure."
MOTIVATION
" La procédure de sauvegarde est engagée depuis le 30 avril 2008 et doit donc parvenir à une solution définitive avant le 30 avril 2009.
Force est de constater que les autorités de tutelle de l'OLRAP n'ont toujours pas pris la mesure de l'urgence s'attachant au règlement des difficultés puisque, loin d'être en état de proposer un plan de redressement, l'OLRAP n'est toujours pas dotée à ce jour d'un représentant légal ni d'un budget pérenne faute d'engagements formels et chiffrés.
Il y a donc lieu d'ordonner le renvoi de la procédure à la prochaine audience fixée le mardi 27 janvier 2009, pour s'assurer que la volonté des autorités de tutelle est bien de parvenir au redressement de la situation de l'OLRAP. "
Ça se passe de commentaire !
21 novembre 2008
Pétition : vers les 16000

C'est aujourd'hui que Georges Attia, président de l'Association Défense et Rayonnement de l'O.L.R.A.P. remettait symboliquement à chacune de nos tutelles une copie des plus de 9000 signatures de la pétition (sur papier) en faveur de la sauvegarde de l'orchestre. Ajoutées aux plus de 6200 sur internet, nous arrivons à un total provisoire de près de 16000 !
Immense remerciement à Georges et à toute son équipe qui se dépensent sans compter, chaque jour à nos côtés, se dévouant corps et âme dans cette entreprise.
Merci à tous les signataires pour leur témoignage de solidarité.
Et maintenant, rien n'étant acquis, comment continuer l'action, comment prolonger le soutien à une structure musicale essentielle à la vie musicale régionale ?
Tout d'abord en venant aux concerts, si possible en contractant un abonnement,
en continuant à signer (si ce n'est déjà fait) et faire signer la pétition sous ses deux formes,
en adhérant à l'Association dont la prochaine assemblée générale aura lieu le 5 décembre à 20h30 dans les locaux de l'orchestre (258 chemin des rémouleurs Z.I. Courtine Avignon).
« Celle-ci a été créée en 1994, lorsque devant les menaces qui pesaient alors, près de 250 musiciens professionnels venus de tous les orchestres français vinrent en Avignon se joindre à notre orchestre pour un mémorable concert qui résonne encore dans tous les cœurs. Cette association entend depuis être le ralliement de tous ceux qui veulent affirmer que l'existence de l'OLRAP est non seulement une chance, mais un atout pour Avignon et sa région. Elle souhaite enfin fédérer tous ceux qui, en France, veulent que la musique soit considérée pour ce qu'elle est : un incomparable instrument de culture. » La cotisation annuelle est fixée à 15 euros.
Contacts :
Association Défense et Rayonnement de l'Orchestre d'Avignon (OLRAP) chez M. Attia, 1 chemin du Mourion 30400 Villeneuve lès Avignon tél.04.90.25.30.00
email: defenserayonnement.olrap@voila.fr
en
adressant aux collectivités publiques partenaires de l'OLRAP
une lettre de soutien à notre formation, courrier dont voici
un exemple-modèle en pdf téléchargeable (adresses des tutelles jointes).
Texte proposé :
Mesdames, Messieurs,
L'Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence traverse la période la plus critique de son histoire.
Si avant le 16 décembre, ses quatre tutelles n'ont pas réussi à s'entendre pour décider de son maintien en acceptant le plan de restructuration élaboré par l'administrateur judiciaire, il sera définitivement rayé du paysage culturel français.
Par la présente, je vous demande de donner les moyens à cette formation de continuer son action de service public.
Je vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, mes salutations distinguées.

20 novembre 2008
"Les deniers de la culture"

" Personne plus que moi Messieurs, n'est pénétré
de la nécessité d'alléger le budget,
seulement, à mon avis, le remède de l'embarras de
nos finances n'est pas dans quelques économies chétives
et détestables ; ce remède serait selon moi, plus haut
et ailleurs ; il serait dans une politique intelligente et
rassurante, qui donnerait confiance à la France, qui ferait
renaître l'ordre, le travail, le crédit... et qui
permettrait de diminuer, de supprimer même les énormes
dépenses spéciales qui résultent des embarras de
la situation.
C'est là, Messieurs, la véritable
surcharge du budget, surcharge qui, si elle se prolongeait
et s'aggravait encore, et si vous n'y preniez garde, pourrait,
dans un temps donné, faire crouler l'édifice
social.
J'ai déjà voté et je continuerai
de voter la plupart des réductions proposées, à
l'exception de celles qui me paraîtraient tarir les sources
même de la vie publique, et celles qui, à côté
d'une amélioration financière douteuse, me
présenteraient une faute politique certaine.
C'est dans
cette dernière catégorie que je range les réductions
proposées par le comité des finances sur ce que
j'appellerais le budget spécial des lettres, des sciences et
des arts. Je dis Messieurs, que les réductions proposées
sur le budget spécial des lettres, des sciences et des arts
sont mauvaises doublement. Elles sont insignifiantes au point de vue
financier, et nuisibles à tous les autres points de vue.
Insignifiantes au point de vue financier. Cela est d'une telle
évidence, que c'est à peine si j'ose mettre sous les
yeux de l'assemblée le résultat d'un calcul de
proportion que j'ai fait. Je ne voudrais pas éveiller le rire
de l'assemblée dans une question sérieuse ; cependant,
il m'est impossible de ne pas lui soumettre une comparaison bien
triviale, bien vulgaire, mais qui a le mérite d'éclairer
la question et de la rendre pour ainsi dire visible et palpable.
Eh
bien ! ce que vous ne conseilleriez pas à un particulier, au
dernier des habitants d'un pays civilisé, on ose le
conseiller à la France.
Je viens de vous montrer à
quel point l'économie serait petite; je vais vous montrer
maintenant combien le ravage serait grand.
Ce système
d'économies ébranle d'un seul coup tout cet ensemble
d'institutions civilisatrices qui est, pour ainsi dire, la base du
développement de la pensée française. Et quel
moment choisit-on ? C'est ici, à mon sens, la faute
politique grave que je vous signalais en commençant.
Le
moment où elles sont plus nécessaires que jamais, le
moment où, loin de les restreindre, il faudrait les étendre
et les élargir. Eh bien ! quel est, en effet, j'en appelle à
vos consciences, j'en appelle à vos sentiments à tous,
quel est le grand péril de la situation actuelle ?
L'ignorance.
L'ignorance encore plus que la misère.
L'ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui
nous investit de toute part. Et c'est dans un pareil moment,
devant un pareil danger, qu'on songerait à attaquer, à
mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont
pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire
l'ignorance !
Sur ce point, j'en appelle, et je le répète,
au sentiment de l'assemblée. Quoi ! d'un côté la
barbarie dans la rue, et de l'autre le vandalisme dans le
gouvernement ! Messieurs, il n'y a pas que la prudence matérielle
au monde, il y a autre chose que ce que j'appellerai la prudence
brutale. Les précautions grossières, les moyens de
police ne sont pas, Dieu merci, le dernier mot des sociétés
civilisées.
On pourvoit à l'éclairage des
villes, on allume tous les soirs des réverbères dans
les carrefours, dans les places publiques ; quand donc
comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans le monde moral,
et qu'il faut allumer des flambeaux pour les esprits ? Un mal moral,
un mal moral profond nous travaille et nous tourmente. Ce mal moral,
cela est étrange à dire, n'est autre chose que l'excès
des tendances matérielles. Eh bien, comment combattre le
développement des tendances matérielles ?
Par
le développement des tendances intellectuelles, il faut ôter
au corps et donner à l'âme. Quand je dis ; il faut ôter
au corps et donner à l'âme, vous ne vous méprenez
pas sur mon sentiment. Vous me comprenez tous, je souhaite
passionnément, comme chacun de vous, l'amélioration
du sort matériel des classes souffrantes, c'est là,
selon moi, le grand, l'excellent progrès auquel nous devons
tous tendre de tous nos vœux comme hommes et de tous nos efforts comme législateurs.
Eh bien ! la grande erreur de notre
temps, a été de pencher, je dis plus, de courber
l'esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel,
et de le détourner par conséquent du
bien-être intellectuel.
Il importe Messieurs, de remédier
au mal ; il faut redresser, pour ainsi dire, l'esprit de l'homme, il
faut, et c'est là la grande mission, la mission spéciale
du ministère de l'instruction publique, il faut relever
l'esprit de l'homme, le tourner vers la conscience, vers le beau, le
juste et le vrai, le désintéressé et le
grand.
C'est là, et seulement là, que vous
trouverez la paix de l'homme avec lui-même, et par
conséquent la paix de l'homme avec la société.
Pour
arriver à ce but, Messieurs, que faudrait-il faire ? Il
faudrait multiplier les écoles, les chaires, les
bibliothèques, les musées, les théâtres,
les librairies. Il faudrait multiplier les maisons d'études
pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes, tous les
établissements, tous les asiles où l'on médite,
où l'on s'instruit, où l'on se recueille, où
l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur, en un
mot, il faudrait faire pénétrer de toute part la
lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres
qu'on le perd.
Ce résultat, vous l'aurez quand vous
voudrez. Quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique
mouvement intellectuel, ce mouvement, vous l'avez déjà
; il ne s'agit pas de l'utiliser et le diriger, il ne s'agit que de
bien cultiver le sol. L'époque, est une époque riche et
féconde ; ce ne sont pas les intelligences qui manquent, ce ne
sont pas les talents, ce ne sont pas les grandes aptitudes, ce qui
manque, c'est l'encouragement enthousiaste d'un grand
gouvernement.
Je voterais contre toutes les réductions
que je viens de vous signaler, et qui amoindriraient l'éclat
utile des lettres, des arts et des sciences.
Je ne dirai plus qu'un mot aux honorables auteurs du rapport. Vous êtes tombés dans une méprise regrettable ; vous avez cru faire une économie d'argent, c'est une économie de gloire que vous faites. Je la repousse pour la dignité de la France, je la repousse pour l'honneur de la République."
(Discours à l'Assemblée Nationale du 10 novembre 1848 du député Victor Hugo)

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18 novembre 2008
Un premier bilan du Forum d'Avignon 2008

À l'occasion de cette grand-messe, nous souhaitions informer pacifiquement les divers participants ainsi que les journalistes ayant fait le déplacement, de l'existence en Avignon d'une structure culturelle permanente en grande difficulté : l'O.L.R.A.P., toujours menacé de liquidation judiciaire.
Malheureusement, les impératifs de sécurité, appliqués avec diligence par les forces de police, ne nous ont guère permis d'approcher les uns et les autres, éloignés que nous fûmes à plus d'une cinquantaine de mètres des points de passage et de rendez-vous de ces personnalités éprises comme nous de culture.
Voilà donc tout ce que l'on peut en dire du point de vue d'un avignonnais ordinaire...
16 novembre 2008
Avignon, ville de congrès
La cité des Papes est décidément un haut-lieu de parole, et pas seulement théâtrale, puisqu'après l'accueil du sommet des ministres des Affaires Étrangères de l'Union Européenne début septembre, un colloque rassemblera les 4 et 5 décembre prochains l'ensemble des gestionnaires (sic) des sites labellisés « Patrimoine Européen ».
Le « Davos de la culture »
Mais dès ce soir, notre ville accueille les 250 participants au « Forum d'Avignon 2008 ». Déjà évoqué ici il y a quelques semaines, cet événement médiatique à plus d'un titre est organisé dans le cadre de la présidence française de l'Union Européenne. Il réunira des personnalités de la culture, de l'économie et des médias venues du monde entier. On se souvient que l'intitulé choisi pour cette session était « la culture, facteur de croissance ». Mais depuis la présentation officielle du 23 septembre dernier, la conjoncture économique a influé quelque peu sur la thématique, comme en témoigne le titre nettement moins ambitieux de l'article de l'AFP d'aujourd'hui : « la culture, un investissement à ne pas sacrifier ». Le programme prévisionnel a donc été légèrement mis à jour. Parmi les sujets prévus : "Culture, crise et progrès", “La culture à la lumière de la crise", "la création, levier de croissance", "Culture-marché, couple infernal”.
À chacun son forum
L'agenda des festivités semble laisser tout loisir aux invités de rejoindre demain lundi à 19h30 la salle Benoît XII pour le Contre-Forum organisé dans une optique très différente. Beaucoup moins médiatisé que le Davos « In », cette sorte de « Off » souhaite mettre l'accent sur « la culture comme facteur d’émancipation des peuples, d’ouverture aux autres, instrument de partage et d’échange, la culture revendiquée comme une exception hors des intérêts financiers et des notions de rentabilité, la culture facteur de cohésion sociale, la culture, droit fondamental universel pour tous, au même titre que l’éducation, la santé... ». Les débats porteront sur « la culture et l'argent » et « les dérives de l'enseignement artistique ».
Et l'OLRAP dans tout ça ?
L'orchestre, pas plus que son directeur artistique, n'étant invités à ce « Davos » (qui n'est pas ouvert au public), nous rappellerons que la culture est selon nous, comme le disait Jean Vilar du théâtre, « une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin... [il/elle] est donc, au premier chef, un service public. Tout comme le gaz, l'eau, l'électricité. » Certes, le gaz, l'eau et l'électricité ont un prix, mais la conception de la culture en tant qu' investissement est nécessairement associée, si les mots ont toujours un sens, aux notions de profit et de rentabilité; notions qui, appliquées au service public et a fortiori à l'art, nous conduisent sur une pente dangereuse dans une société de plus en plus gouvernée par une marchandisation généralisée. Le simple énoncé du thème du débat de mardi matin : « une nouvelle économie du bien culturel » ne peut qu'inquiéter un artiste.
Quant à ce qui nous préoccupe par ces temps difficiles, terminons par un proverbe :
« Le bavardage est l'écume de l'eau, l'action est une goutte d'or ».
14 novembre 2008
NON, L' O.L.R.A.P. N'EST TOUJOURS PAS
SAUVÉ !
l'Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence est toujours menacé d'une mise en liquidation judiciaire !
En effet, ses quatre financeurs-gestionnaires - Ville d'Avignon, État, Région PACA et Département de Vaucluse - n'ont toujours pas répondu à la demande du Tribunal de Grande Instance d'Avignon qui, dans le cadre du plan de sauvegarde de l'Orchestre, leur imposait :
de désigner le nouveau Président de l'association « OLRAP »
de recruter un Délégué Général
et surtout, condition préalable à la survie de l'Orchestre, d'accepter d'augmenter le niveau annuel des subventions par un engagement collectif et chiffré.
Si ces trois conditions n'étaient pas réunies avant la prochaine audience du 16 décembre 2008, le Tribunal prononcerait la mise en liquidation judiciaire de l'OLRAP et le licenciement de tout son personnel.
Ce mauvais scénario pourrait se réaliser :
- malgré la mobilisation sans précédent du monde culturel dont l'expression a trouvé son apogée lors du formidable concert de soutien du 16 octobre dernier
- en marge de l'organisation en Avignon - Capitale Européenne de la culture en 2000 - du Forum Européen de la Culture les 16, 17 et 18 novembre.
Mobilisons-nous, l'OLRAP ne doit pas mourir !
Contacts : Frédéric Béthune, représentant du personnel de l'OLRAP 06.07.51.48.24
Association Défense et Rayonnement de l'Orchestre d'Avignon (OLRAP) chez M. Attia, 1 chemin du Mourion 30400 Villeneuve lès Avignon tél.04.90.25.30.00
email: defenserayonnement.olrap@voila.fr
le blog des musiciens: www.sauvonslolrap.canalblog.com
La publication du document ci-dessus, diffusé auprès de notre public ainsi qu'aux médias (AFP,etc) s'imposait sur ce blog, tant les rumeurs persistantes de par la ville pouvaient donner à penser que notre orchestre avait évité la catastrophe et que donc, il était “tiré d'affaire”.
Il n'en est rien. Une mise au point était plus que nécessaire.
Rappelons que lors du
jugement du 4 novembre dernier, le T.G.I. a renouvelé pour 6
mois la période d'observation. En d'autres termes, le “malade
OLRAP” n'est pas guéri, il reste en observation.
Le Tribunal a fait preuve d'une très grande mansuétude
en accordant un délai supplémentaire aux 4 tutelles qui
avaient été mises en demeure dès le 23
septembre de procéder à
une augmentation substantielle de leur participation financière.
Cette relative souplesse dans l'application de la loi ne doit pas
pour autant être interprétée comme une marque de
faiblesse de la part du ministère public, car la menace qui
pèse sur nous, telle une épée de Damoclès,
reste bien réelle.
Rappelons également que les hauts
représentants des 4 collectivités publiques partenaires
de l'OLRAP ne se sont réunis qu'une seule fois
depuis le début de la
procédure de sauvegarde (le 29 avril) et que la difficile
rencontre au sommet du 20 octobre dernier n'a donné lieu qu'à
une promesse orale d'engagement
et rien de plus.
Il importe donc de donner suite à ces paroles
en les assortissant d'un document commun précis, chiffré
et...signé. Mais l'indulgence de la Justice est désormais
contrebalancée par l'exigence de deux conditions
supplémentaires concernant la désignation d'un
président de l'association de gestion de l'OLRAP ainsi que
d'un délégué général. À
charge pour les 4 tutelles de se mettre là-aussi d'accord sur
le choix de ces deux personnes.
On voit bien que la situation n'a que
très peu évolué et que ce sursis n'est en rien
une garantie de future guérison. Les menaces sur l'orchestre
demeurent identiques à ce qu'elles étaient le 23
septembre, malgré toute l'énergie déployée
pour alerter notre public, sensibiliser l'opinion, mobiliser nos
collègues de la France entière et tenter de rencontrer
les élus en charge de la politique publique de la culture.
Tous ces efforts ne doivent pas être vains. Il importe de poursuivre notre mouvement et faire en sorte qu'il ne retombe pas dans l'oubli, balayé par les vents mauvais de l'actualité.

Richard Westall : The Sword of Damocles