16 novembre 2008
Avignon, ville de congrès
La cité des Papes est décidément un haut-lieu de parole, et pas seulement théâtrale, puisqu'après l'accueil du sommet des ministres des Affaires Étrangères de l'Union Européenne début septembre, un colloque rassemblera les 4 et 5 décembre prochains l'ensemble des gestionnaires (sic) des sites labellisés « Patrimoine Européen ».
Le « Davos de la culture »
Mais dès ce soir, notre ville accueille les 250 participants au « Forum d'Avignon 2008 ». Déjà évoqué ici il y a quelques semaines, cet événement médiatique à plus d'un titre est organisé dans le cadre de la présidence française de l'Union Européenne. Il réunira des personnalités de la culture, de l'économie et des médias venues du monde entier. On se souvient que l'intitulé choisi pour cette session était « la culture, facteur de croissance ». Mais depuis la présentation officielle du 23 septembre dernier, la conjoncture économique a influé quelque peu sur la thématique, comme en témoigne le titre nettement moins ambitieux de l'article de l'AFP d'aujourd'hui : « la culture, un investissement à ne pas sacrifier ». Le programme prévisionnel a donc été légèrement mis à jour. Parmi les sujets prévus : "Culture, crise et progrès", “La culture à la lumière de la crise", "la création, levier de croissance", "Culture-marché, couple infernal”.
À chacun son forum
L'agenda des festivités semble laisser tout loisir aux invités de rejoindre demain lundi à 19h30 la salle Benoît XII pour le Contre-Forum organisé dans une optique très différente. Beaucoup moins médiatisé que le Davos « In », cette sorte de « Off » souhaite mettre l'accent sur « la culture comme facteur d’émancipation des peuples, d’ouverture aux autres, instrument de partage et d’échange, la culture revendiquée comme une exception hors des intérêts financiers et des notions de rentabilité, la culture facteur de cohésion sociale, la culture, droit fondamental universel pour tous, au même titre que l’éducation, la santé... ». Les débats porteront sur « la culture et l'argent » et « les dérives de l'enseignement artistique ».
Et l'OLRAP dans tout ça ?
L'orchestre, pas plus que son directeur artistique, n'étant invités à ce « Davos » (qui n'est pas ouvert au public), nous rappellerons que la culture est selon nous, comme le disait Jean Vilar du théâtre, « une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin... [il/elle] est donc, au premier chef, un service public. Tout comme le gaz, l'eau, l'électricité. » Certes, le gaz, l'eau et l'électricité ont un prix, mais la conception de la culture en tant qu' investissement est nécessairement associée, si les mots ont toujours un sens, aux notions de profit et de rentabilité; notions qui, appliquées au service public et a fortiori à l'art, nous conduisent sur une pente dangereuse dans une société de plus en plus gouvernée par une marchandisation généralisée. Le simple énoncé du thème du débat de mardi matin : « une nouvelle économie du bien culturel » ne peut qu'inquiéter un artiste.
Quant à ce qui nous préoccupe par ces temps difficiles, terminons par un proverbe :
« Le bavardage est l'écume de l'eau, l'action est une goutte d'or ».
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